Bienvenue dans cette nouvelle chronique Vendredi Vidéo, où je m'amuserai à « critiquer » des vidéoclips. L'utilisation des guillemets est importante, car je ne suis pas capable d'être entièrement méchante. Donc, même pour les nouveaux clips comme ceux d'Éric Lapointe et de Marie-Hélène Thibert j'essaierai d'être gentille... Sachez que mes choix de vidéos restent diversifiés et mes interprétations sont personnelles. J'espère que vous apprécierez cette nouvelle rubrique comme j'apprécie regarder des vidéoclips.
Vidéos fruitées
Quand j'écoutais la chanson Full Fircle de Half Moon Run, j'imaginais une atmosphère un peu rétro comme les photos des années ‘50 avec leurs coins arrondis. J'étais fière d'avoir eu une telle vision en voyant leur vidéo-clip qui a adopté la même imagerie. C'est le réalisateur Pierre-Luc Racine de la boîte Parce Que Films qui a imaginé le concept poétique pour cette chanson tout aussi enlevante.
Tout se passe dans la même maison, qui selon moi est un temple de souvenirs par l'époque et les photographies montrées dans le vidéoclip. À la suite d'une danse des oiseaux qui forment un cercle (vous voyez le lien avec le titre de la chanson) qui tourne dans le sens contraire des aiguilles d'une horloge, le temps se rembobine. Les fruits coupés se recollent. Les gars de Half Moon Run fixent le vide. Ce vidéoclip est un poème sur le temps, sur les souvenirs.
J'aime le résultat : c'est paisible et ça fait du bien! Je trouve intéressant de revenir aux racines, lorsqu'il n'y avait pas Facebook, Twitter ou YouTube pour se divertir. Les petites choses simples de la vie sont tout aussi plaisantes. Ce vidéoclip est tout simple, mais utilise une imagerie efficace.
Je ne sais pas pour vous, mais j'ai vraiment envie de manger des kiwis et des oranges maintenant.
David Giguère et Soleil Denault sont les réalisateurs du vidéoclip Encore, sorti le 4 avril dernier.
J'ai été plutôt gâtée au niveau quétaine dans les accessoires de la vidéo. Les petits jouets datant des années 90, l'ananas en papier, l'appareil photo non-numérique et le faux palmier m'ont carrément émue. J'ai aussi accroché sur la panoplie de couleurs et tous les éléments exotiques ou du moins rappelant le voyage. Les photos sur le mur de la chambre sont toutes des images de plage. La jeune fille porte un kimono, le couple s'embrasse sous un drapeau de la France, bref il y a plein d'éléments éclectiques.
Pendant un certain temps, on voit un couple passionné vivre ensemble. Cependant, il y a un moment qui montre que tout n'est plus de couleur pastel. Une rupture? Peut-être. Selon moi, elle n'a jamais existé. Après tout, on ne voit jamais son visage. C'est ce qui expliquerait le plan de David Giguère dans son imperméable jaune alors qu'il est seul et celui où il dort dans son lit toujours seul.
Je tiens à dire que j'ai adoré la danse de David Giguère. De plus, dois-je souligner la présence de fruits, encore?
Le 30 avril dernier, le groupe torontois Dragonette sortait la vidéo pour Let It Go. Celle-ci met la chanteuse Martina Sobara dans un laboratoire afin de lui faire passer quelques tests. Elle est en fait supervisée par les trois autres membres du groupe qui ont enfilé leur sarrau pour la vidéo.
Je n'aime pas trop pousser pour trouver des interprétations, car il n'y en a pas toujours, mais je me risque quand même. Est-ce possible que la vidéo laisse exprimer un sentiment que les humains sont observés comme dans des laboratoires et sont pris pour des lapins à des fins expérimentales? Le moment où la chanteuse est bouleversée d'images du téléviseur (on y voit des fruits!) représenterait-il les médias? Peut-être il serait temps de se laisser aller et « let it go », comme ils le font en dansant. C'est à vous de voir.
Mes petits détails favoris sont le lapin aux yeux bleus, les cheveux de Martina Sobara (elle a du volume dans le toupet!), sans oublier son sourire aux dents jaunes.
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