Le Groupe de la Veillée s’attaque à une des premières pièces du célèbre auteur Bertolt Brecht, La noce chez les petits-bourgeois. C’est Gregory Hlady qui met en scène cette pièce écrite en 1919, présentée jusqu’au 19 mars 2011 au Théâtre Prospero. Le metteur en scène d’origine ukrainienne a longuement hésité avant de choisir une pièce de Brecht, croyant qu'il était un ardent défenseur du marxisme de Staline. Toutefois, en lisant La noce, il fut surpris d’y découvrir un Brecht anticonformiste et rebelle.
La noce nous transpose dans un souper de famille où l’alcool coule à flot. Les célébrations de la noce des deux mariés vont bon train, tous s’amusent, chantent et boivent. Les parents du marié, sa sœur, son meilleur ami ainsi qu’un couple d’amis participent aux festivités. Puis, plus la soirée avance, plus le niveau d’alcoolémie augmente, entrainant la déchéance. Les malaises, l’ironie, les coups bats et les ragots vont monopoliser les discussions entre les protagonistes jusqu’à une anarchie totale. La petite famille allemande bourgeoise n’est plus celle que l’on pensait, elle se déconstruit sous nos yeux, en même temps que tous les meubles de la maison se cassent. Tout s’effondre, le civisme et les bonnes manières font désormais place à la rudesse et la violence.
L’histoire que Brecht a écrite témoigne d’un grand désir de vouloir montrer l’envers de la société bourgeoise. On y expose le côté pervers et hystérique des gens de bonne famille. La transposition de cette critique virulente devrait d’abord se faire sentir dans la mise en scène. Hlady va tellement nous le faire ressentir, que l’on en vient à oublier l’histoire et perdre le fil narratif. Sa mise en scène manque parfois de subtilité et elle gagnerait à être un peu plus sobre. Le côté clownesque et exagéré de celle-ci peut nous faire décrocher à quelques endroits. C’est qu’à travers autant de conversations simultanées, d’ellipses répétées en boucle et de courses folles, on en vient à perdre le propos. Cependant, c’est à la brochette d’acteurs forts talentueux – Paul Ahmarani, puissant ! – que l’on doit nos nombreux éclats de rire !
La noce de Brecht, présentée du 22 février au 19 mars 2011 au Théâtre Prospero
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