Patrick P-Thugg Gemayel du groupe montréalais Chromeo ressemble peut-être un à vrai thug avec sa grosse barbe et son bandeau, mais il est très sympathique. C’est en pleine période de création pour leur quatrième album, directement de New York, qu’il a gentiment répondu à mes questions sous forme de quiz téléphonique.
Même si le groupe est dans la Grosse Pomme depuis bientôt deux mois, Chromeo sera du spectacle de clôture de la 33ième édition du Festival International de Jazz de Montréal, le 7 juillet prochain.
«Fermer le Festival de Jazz, ça ne fait presque pas de sens dans ma tête… Ça fait vraiment quelque chose, parce que Montréal pour nous, c’est notre ville. On a grandi-là tous les deux, donc c’est spécial.»
Pour avoir grandi à Montréal tous les deux, ils l’ont fait! P-Thugg et Dave-1 (David Macklovitch) se connaissent depuis qu’ils sont tout jeunes. Ils sont comme un vieux couple!
«Couple, dans le sens de partners. (…) Tu es obligé d’avoir une bonne relation, parce que sinon, après un album ou deux, c’est fini. Tu as des groupes classiques qui n’ont pas durés à cause des personnes et des personnalités. C’est super important (…) tu passes beaucoup de temps avec l’autre personne et je crois que ce qui fonctionne pour nous, c’est que l’on était ami en partant et on se complète.»
Cette complicité, elle s’entend lorsqu’on écoute un album de Chromeo.
«On a un set de skills qui sont un peu différents et on se complète. Où moi je ne suis pas bon, Dave il est bon et vice versa.»
Mais où les deux excellent, c’est dans la création de la musique, de l’image et du package Chromeo. Selon le maître du talkbox, l’esthétique est aussi importante que la musique et que la technique, que ce soit au niveau de la pochette des albums, des posters, de leurs faces.
«Pour nous, tout cela, c’est un gros package.» Dans ce fameux package, il y a les mystérieuses jambes féminines dans des bas-filets. «Les jambes sont une référence à une vidéo de ZZ Top, où il y a des jambes qui marchaient toutes seules et qui avaient des tables par-dessus.»

Cette idée, c’est une boîte de design de Paris, Surface to Air, qui l’a eue. Avant l’album The Fancy Footwork, les deux montréalais avaient opté pour une esthétique du style «c’est beau une femme», mais dans le sens d’art et non de femme objet. Les jambes étaient donc une suite logique!
«Avec les jambes, tu as toutes sortes de trucs qui ont déclinés. Tu peux faires des posters et d’autres trucs. On a même fait nos keyboards stands en jambe. Donc, tout le package était là.» Leur son très années ’80 fait aussi partie du package. «J’achète toujours d’anciens synthés ou de nouveaux synthés vintages (…) le son sonne mieux en vintage.»
Même avec l’arrivée du fameux auto-tune, P-Thugg continue d’utiliser sa talkbox, par principe et pour respecter son côté vintage, même s’il dit que l’auto-tune a ses bons côtés.
Avant de terminer, je lui ai posé une question qui n’avait pas trop rapport avec la musique, mais qui me trottait dans l’esprit… Dans le groupe, qui est le plus gros mangeur et quelle est sa nourriture préférée.
«Ben…le plus gros appétit, c’est moi! Je pense que ma taille le montre, là…»
Il ne faut pas se fier aux apparences, mais peut-être qu’ici…la réponse était évidente!
«La bouffe italienne et la bouffe libanaise, à mon avis, sont les deux meilleures bouffes du monde. Ça fait vraiment partie de ma vie quotidienne, je suis malheureux si je n’ai pas ça à chaque jour.»
Mais une poutine de temps en temps?
«Une poutine? Tout le temps! Ça fait deux mois que je ne suis pas à Montréal, j’en ai tellement envie d’une! Je suis allé dans un restaurant à New York, le Mile-End, qui fait soi-disant une poutine là…c’était correct, mais ce n’est pas une poutine de Lafleur et tu n’as pas un gros jus de raisin avec!»
Ouais, il est sympathique ce P-Thugg!
Chromeo sera en spectacle le samedi 7 juillet, sur la Scène TD de la place des Festivals, dès 21h30.
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