Il faisait une température de rêve pour ceux qui aiment être mouillés et collants dans leurs vêtements. C’était en fin de semaine passée. C’était la deuxième édition du Pouzza Fest. Ce fut un weekend mémorable, comme il s’en fait peu de nos jours. Trois jours à se promener entre les différents lieux de spectacles, à rencontrer du monde qui viennent de partout pour la même raison et à revoir les bands punks de notre enfance et de notre futur.
Super surpris d’avoir autant aimé Pentimento. Selon le guide du Pouzza Fest, ils sont la nouvelle sensation de Buffalo. Devant une foule dispersée d’une quinzaine de personnes à l’Absynthe vendredi soir, ils ont joué une espèce d’emo à la Appleseed Cast, super poignant, mais super agressif, rappelant aussi le plus méchant de Cursive. Exactement le genre de groupe que live, tu te dis wow, pis que rendu chez vous, tu vas les écouter, et tu te dis « ah ouin, ok, ça sonne de même finalement et ils font un cover de Dashboard Confessional ».
C’était complètement surchargé de monde aux Foufounes Électriques pour le show de Hot Water Music. Avec raison, ça faisait 1500 ans qu’ils n’étaient pas venus à Montréal. Ils existent depuis 1993 et c’est vrai que la moitié des groupes qui jouent le Pouzza Fest cette année n’existeraient pas si c’était pas d’eux autres. Ça a été super difficile d’entrer et rendu en haut, il fallait serpenter à travers la foule serrée pour se frayer un chemin. Ça vaut pas vraiment la peine de dire à quel point il faisait chaud et que tout dégoulinait. Ils ont joué beaucoup de chansons du nouvel album Exister, qui était sorti quelques jours avant. Elles sonnent très bien, live, mais les mordus auraient préféré plus de chansons des vieux disques.
L’Absynthe est un endroit parfait pour des spectacles loud, mais intimes. Il y avait une belle petite foule, considérant l’heure, quand Jet Black a ouvert la soirée samedi à 17h. Jet Black est un groupe de Québec qui fait dans le post-emo-alternatif-slowcore-1995. Excusez l’étiquette longue et vague et somme toute pas rapport. C’est juste que c’est pas facile de classer ces groupes-là qui mettent du moderne dans du vintage. Pensez Jawbox et Rival Schools. Classer, c’est hyper important. Pensez aussi à aller les voir quand ils vont venir la prochaine fois. Ne serait-ce que pour voir la Rickenbacker groover un peu.


Milanku a suivi et malgré le fait que le soleil plombait dans la face de tout le monde par le toit vitré (et donc qu’il ne faisait pas noir comme d’habitude), la performance était lourde et sombre. Du gros post-rock. Sur enregistrement, ça sonne comme du bon Godspeed, on rajoute une couche de Cult of Luna en direct. À l’opposé de Cult of Luna, les filles aiment Milanku.
Il aurait été intéressant de voir River Jones, le groupe anciennement connu sous le nom de I’m a Tiger, s’emparer de la « scène » de l’Absynthe après Milanku. Pour des raisons de logistique, votre représentant de Scène 1425 a dû manquer une bonne partie des groupes qui ont joué tout de suite après.
Plus tard, il a été question d’un petit voyage aux Foufounes Électriques pour voir Naked Raygun. Assez grande déception que de les voir dans cet état-là. Ils avaient besoin de beaucoup de temps entre leurs chansons pour se réajuster. Le batteur avait le temps de fumer sa cigarette avant que ça recommence et, pendant ce temps-là, le chanteur regardait dans le vide. Il était pas là pantoute le gars. Le niveau s’est relevé un petit peu quand on lui a donné une guitare. Il s’est mis à en jouer et ça a ajouté une profondeur qui a rendu le reste du spectacle endurable, voir même pas si mal. Le noyau de fans de Naked Raygun était vraiment emballé.
De retour à l’Absynthe, la désormais légendaire petite lumière pendouillante était installée, il était 23h10, XGM et TigerLouis étaient en position, ils n’ont plus besoin de présentation, voici Solids qui allaient commencer. Quelque chose d’aussi agréable n’aurait pas été possible aux Foufs, aux Katakombes (aussi froid que constable 728 à moins qu’il n’y ait 500 personnes ou plus) ou au Club Soda. Dans ces endroits-là, au bout de 5 minutes, on a compris le vibe du show et on peut presque dire “j’vais aller voir ailleurs si y’aurait pas un peu plus d’émotions”.

Avant que ça commence, il y avait déjà une super agglutination autour des deux superstars modestes. Dès les premières notes, la lampe balançait déjà et envoyait un faible faisceau lumineux dans tous les sens dans une obscurité presque totale. Les visages souriants de tout le monde qui apparaissaient, en alternance, au gré du balancement de la lampe, faisaient glower la place. C’était, de façon tout à fait objective, un moment magique. Le moment préféré du week-end pour Scène 1425.

Tout de suite après la prestation de Solids vers 11h40, rien n’allait plus sur la rue St-Denis. Sur Ontario, tout près, un gigantesque feu de cônes oranges créait un super nuage noir autour duquel plusieurs personnes couraient en criant des choses. La police était enlignée et s’apprêtait à disperser la foule sur Ontario vers St-Denis. Une fois sur St-Denis, l’escouade antiémeute s’est mise à tapoter du bouclier en avançant vers le sud. Ça a entraîné pas mal de chaos et les policiers ont eu droit à leur lot d’insultes.

Il y a eu plusieurs salves de policiers antiémeute, et c’est lors de la deuxième ou troisième que se produit toute la controverse autour de l’assaut par des agents de police de la terrasse du bar St-Bock dont tout le monde a entendu parler. Pendant ce temps-là, de l’autre côté de la rue, il y avait l’Absynthe et sa terrasse. Quelques festivaliers ont eu maille à partir avec des policiers casqués, qui les rudoyaient avec leur bouclier. On peut dire que les manifestations ont pimenté les soirées des festivaliers.

Photographies: Charles Masson
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