Pour les fans d’Oasis (Noel Gallagher à Toronto)

Pour les fans d’Oasis (Noel Gallagher à Toronto)
  • Date:
  • Auteur: Alexandre Soublière
  • Catégorie: Noix de Carcajou

Alexandre sur Twitter : @AliSoubliere

Lundi soir dernier, accompagné d’une amie, je suis allé au lancement du nouveau roman de Michel Tremblay. Je n’ai pas acheté le livre. Je n’ai même jamais lu une seule ligne de ce que Tremblay écrit. Je suis allé comme un espion pour en apprendre davantage sur la formule du lancement d’un livre. Tous les gens présents avaient la tête grise et le lobby de l’hôtel Nelligan étant peu spacieux, le caméraman de Radio-Canada a failli tuer Janine Sutto en reculant dessus, sa grosse caméra à l’épaule. En bons agents undercovers, on s’est retirés sur un divan de cuir et on a laissé le serveur remplir et remplir notre verre de vin. Je n’avais pas mangé. (La veille, j’avais rapporté du A&W chez moi 2 fois en 24 heures, trop excité par l’ouverture, et lundi, j’avais décidé de prendre un break de bouffe). Quand je suis revenu chez moi, j’étais drunk, mais bizarrement. Genre, le vin de Michel Tremblay m’a comme un peu stoné. Anyway. Je raconte tout ça parce que, mardi, je devais me lever super tôt pour partir à Toronto voir le deuxième show (troisième, si on compte une prestation secrète) en Amérique du nord de Noel Gallagher SANS Oasis. J’avais déjà un peu peur de regretter ma dépense de temps/argent/énergie et là, en plus, je devais dealer avec un lendemain de brosse-Michel-Tremblay-esque.

On m’a déjà demandé si Oasis était un one hit wonder. Ce à quoi j’ai répondu : « T’as jamais lu le NME de ta vie? Dire qu’Oasis n’est que Wonderwall, c’est non seulement connaître fuck all à la musique, mais c’est aussi ne rien connaître à la vie (haha). » J’exagère, mais l’importance de leur musique aux années ’90 est indéniable. Quelques mois après la mort de Kurt Cobain qui chantait des chansons comme I hate myself and I want to die, Noel Gallagher écrivait You and I are gonna live forever. C’était une affirmation totale de vouloir sortir de la pauvreté et du chômage du Manchester gris de l’époque. Non, Oasis n’est pas devenu un mouvement social aussi puissant que le punk, grunge ou flower power, mais il représente tout de même une attitude. Être un vrai fan d’Oasis, c’est adhérer au je-suis-ce-que-je-suis-et-si-t’es-pas-content-tasse-toi-parce-que-j’vas-t’en-crisser-une (au sens figuré… ou pas). C’est très working class et hooligan. Au point où ma copine pensait que je l’avais amenée dans une game de foot avant que le show commence. Il n’y avait que des gars saouls et bruyants.

Noel Gallagher n’est pas indie, pas très hip, et c’est tant mieux. Il est certainement un des individus les plus drôle et mesquin sur la terre et c’est assez (-Vous avez eu 7hrs pour réfléchir dans l’avion Mr Gallagher… -7hrs? Je joue pas dans Placebo, je prends le fuckin’ concorde moi!). Le lendemain du show à Toronto, les critiques du National Post et du Globe & Mail étaient peu encourageantes. Pourtant, moi, j’ai été très satisfait. Ok, je suis un hardcore fan, j’ai vu Oasis cinq fois (Toronto 2001, Mtl 2002, NYC 2005, Ottawa et Mtl 2008) et j’ai vu Noel Gallagher’s High Flying Birds une fois. À quoi ils s’attendaient, les critiques? Je trouve que son album solo ne gagnera peut-être pas beaucoup de nouveaux fans, mais il est conséquent. Il est même meilleur après le concert et ça, c’est assez rare.

Noel Gallagher occupe une place parfaite pour moi dans la musique pop. J’aime son sens de la structure. Il n’est pas quétaine et fuckin’ dépourvu de sens comme Coldplay. (J’écoutais Xylo Myloto dans mon iPhone la semaine dernière et j’avais honte, j’étais encore plusse gêné que si j’écoutais un album de Céline en public.) Noel n’essaye pas d’être électro ou cool ou savant. Il n’oblige pas l’auditeur à s’acheter un compas et à se brancher un fil de guitare dans l’oreille pour comprendre sa musique comme pourrait le faire Thom Yorke. C’est juste agréable.

Partout où je suis allé dans le monde, chaque fois que quelqu’un fait jouer Don’t Look Back in Anger, les gens, peu importe la langue ou la nationalité, s’époumonent en renversant de la bière partout, bras dessus bras dessous. C’est une musique de party. Oui les accords sont déjà vus, mais les refrains sont toujours rassembleurs. Les paroles sont catchy, simples et faciles à chanter (sans que ça soit ridicule comme une toune de Maroon 5, que j’adore btw, ou un coulis de pisse de chien dans mon oreille comme Coldplay.) Les phrases accrocheuses sont très importantes. C’est souvent l’élément qui manque à la majorité des gens qui ont un band et qui tentent fort de devenir des MULTI MÉGAS POP STARZzzZZzZ du Rock and Rohhhhholll : Des paroles faciles à mémoriser sans que ça donne l’impression qu’un enfant de 4 ans les a écrit en étant assis sur la bol. C’est plus difficile que c’en a l’air.

Noel Gallagher’s High Flying Birds ne révolutionne rien, mais témoigne tout de même d’une maturité, bien que pas encore tout à fait assumée, et d’une recherche intéressante. Son album est concis, rythmé, entraînant.

Il faut l’accepter, l’époque où les gars faisaient des partys avec Kate Moss et Johnny Depp qui se baignaient nus dans la piscine est terminée. Oui, on s’ennuie de Liam, mais la saga Oasis continue puisque maintenant les deux frères se livrent une lutte à travers 2 bands différents. L’avantage de Noel, c’est que les chansons sont à lui. Il les a écrites presque toutes. Il peut faire des tournées et les chanter encore et encore. Le show à Toronto, même étant ponctué de plusieurs nouvelles pièces, n’a jamais paru trop long. La soirée a commencé ironiquement avec It’s good (to be free). Noel s’est même laissé aller à des échanges avec la foule. Le moment où il a interprété Supersonic était magique. Comme dans un break up, il n’y a jamais vraiment de côté qui gagne ou qui perd. Tout l’monde gagne, tout l’monde perd. Il est permis de s’imaginer ce qu’aurait été l’album avec la voix de Liam, mais bon, life goes on. On peut aussi passer ses nuits à rêver à un repas parfait où l’on mélange le Baconator avec les frites du Nathan’s et une entrée de Jalapeno Poppers du St-Hub… ou ça aurait été quoi si Sasha Grey avait été ma prof de 5e année… ou si y’avait un Barbie’s sur le plateau… ou si Kanye avait produit un album de Eazy-E… ou si John Lennon avait tué Marc Chapman…

Voici quelques vidéos prisent avec mon téléphone :

See video

See video

Et un petit souvenir de New York, 2005, meilleur show ever, j’ai encore des frissons :

See video

Commentaires