Pas des blagues

Pas des blagues
  • Date:
  • Auteur: Charles Masson
  • Catégorie: Archives 2011

J’espère que vous avez fait votre cotisation REER pour l’année 2010 car depuis minuit entre le premier et le deux mars, c’est rendu trop tard. Vous ne le savez peut-être pas, mais du lundi au vendredi, votre serviteur des temps modernes s’évertue à donner des conseils aux gens comme vous et moi sur leurs finances personnelles au nom d’une institution financière bien de chez nous. Puisque notre gouvernement donne aux gens une période de grâce de 60 jours passé la fin de l’année pour cotiser à leur REER et que nous sommes, au Québec, des gens de dernière minute, il est important d’avoir une petite pensée pour vos amis qui travaillent pour des institutions financières pendant les deux dernières semaines de février.

Puisque le fabuleux monde du placement a pas mal pris possession de mes pensées pendant les derniers jours, j’ai décidé, cette semaine, de parler d’épargne. J’aime pas trop trop faire la leçon normalement, mais avec le niveau de retardness général dont mes compatriotes font preuve à ce niveau là, j’me dis que ça peut pas faire énormément de tort qu’un homme de la rue comme moi en parle un peu plus. Je dis homme de la rue car j’peux pas dire que je suis le cordonnier le plus finement chaussé.

Juste avant, j’aimerais parler pendant deux secondes du nouvel album de Mogwai, Hardcore Will Never Die, You Will. Quoiqu’ils existent depuis plus longtemps que ça, c’est un peu dû au désertage de Godspeed You! Black Emperor, il y a déjà quelques bonnes années que, ne sachant plus trop comment combler ce type de besoin assez aigu, je suis tombé sur Come On Die Young de Mogwai. Depuis ce temps-là, j’essaie de garder le contact et de ne pas les perdre de vue. J’aime beaucoup les derniers albums. Ils ont pris l’habitude de faire d’une chanson l’hymne de leur état d’âme du moment, et de construire autour de cette chanson là un album de bon vieux Mogwai comme on s’y attend. Si c’était Ratts of the Capital sur Happy Songs for Happy People, la troublante Glasgow Megasnake sur Mr. Beast, The Sun Smells Too Loud sur The Hawk is Howling, c’est Mexican Grand Prix sur le dernier album qui entraîne toutes les autres dans son vortex. Quelle belle ôde à du vieux Air au beat effrené, aux petits vocals flottants. En passant, grande réunion de Godspeed You! Black Emperor à l’Olympia bientôt, très bientôt.

www.youtube.com/watch?v=8Jv64uhCIrU

Bon, pardon pour l’écart.

Premièrement, REER ou pas, quand vous avez de l’argent de côté, ça vous évite de remplir votre carte de crédit comme un cave. Ce serait tu possible de pas avoir, dix fois par jour, des appels de monde qui veulent consolider pour quinze mille dollars de cartes de crédit à 21 ans? Vous riez (j’le sais que vous riez), mais il y a un pourcentage substanciel de vos amis qui pensent que leur carte de crédit, c’est de l’argent de plus pis qu’une télé, ça s’achète à tant par mois. Le contrôle est beaucoup trop facile à perdre de nos jours (oupelaille une petite opération au lasik sur mon AccordD. Quoi! C’est pour ma santé! C’est mes yeux!) mais, si vous permettez, on reviendra à l’endettement une autre fois (une nouvelle paire de boules, les filles, c’est juste 5000$, sur 5 ans ça vous revient à 120$ / mois, pensez-y, c’est pas cher pour une meilleure qualité de vie!!!). J’me fais toujours un malin petit plaisir de rappeller par en dessous à ces gens là que tout ce temps à vivre au-dessus de leurs moyens va leur coûter à peu près 5 ans de vie (savez-vous quel âge vont avoir vos enfants quand vous aurez fini de rembourser vos dettes?).

En parlant d’être malin, permettez-moi de passer du coq à l’âne. Ici à la suite 7, on a jamais vraiment capoté sur les New Pornographers. On trouve ça super conventionnel, un peu trop canadien (tsé ça sonne Canada) et pas mal plate. Par contre, Dan Bejar et Destroyer ont toujours su chatouiller nos cœurs. Le dernier, Kaputt, va au delà du chatouillement de cœur. Ultra mélo, convenu, fromageux, langoureux, saxophones et trompettes filtrées en 1987, avec la voix de Dan Bejar qui vient probablement juste de se réveiller d’une hibernation, il faut voir le vidéoclip de la chanson titre pour comprendre. Ensuite, vous allez laisser Kaputt venir se vautrer dans vos dimanches midis ou dans vos marches sur le bord de l’eau en solo. Quelqu’un chez nous pensait que c’était du nouveau stock de Pet Shop Boys. Non, c’en n’était pas.

www.youtube.com/watch?v=Pf-ONpLXzGs

Je ne voudrais pas perdre le focus sur les REER.

Revenons-y. Il y a deux grandes raisons pour lesquelles vous et moi en voulons. La première est qu’à notre âge, notre priorité à tous devrait être de payer le moins d’impôts possible, considérant que cet argent là s’en va dans un énorme trou noir de non-efficacité, de toute façon. Puisque vous pourrez déduire de vos revenus annuels votre cotisation REER, votre facture d’impôts, vous petits travailleurs autonomes insouciants allez-vous retrouver, très grossièrement, à vous donner de l’argent au lieu de le donner à M. Charest.

L’autre est que si vous vous fiez aux régimes de vieillesse pour acheter votre lait, vos cigarettes et pis vos couches d’incontinence, quand vous allez avoir 68 ans, ne vous attendez pas à grand chose. Le chèque devrait être en moyenne dans les environs de 130$ par mois. C’est donc pas des blagues, si vous ne vous mettez pas de l’argent de côté pendant que vous le pouvez, vous allez être cuits et pris pour travailler jusqu’à temps que vous mourriez. Est-ce que ça vaut la peine de mettre de l’emphase sur le « c’est pas des blagues »? Oui.

On peut donc dire que pour éviter de donner trop d’argent au gouvernement pour rien, et pour pouvoir profiter de notre vieillesse et dégénéressence sans être obligé de travailler trente cinq heures par semaine, on devrait comprendre et se mettre au moins un peu d’argent de côté, que ce soit un REER ou pas.

Restez à l’affut, dans une des prochaines chroniques, je vais donner des conseils de placement en continuant à faire des liens douteux avec de la musique branchée. J’ai aussi l’intention de vous donner quelques recettes qu’on aime bien faire ici à la suite 7 (je parle de nourriture).

J’aimerais conclure par trois petits points:

  • The Luyas, Too Beautiful to Work. Une belle pop sombre d’ici pouvant rappeller toute sorte de chose, en incluant mais ne se limitant pas à : un petit mélange d’Au Revoir Simone et de CocoRosie? Un peu de Metallic Falcons tant qu’à se rappeller de CocoRosie? Oui, par moments mais non car l’instrumentation est très variée et il y a quand même pas mal d’énergies différentes qui en ressortent. Ça serait surprenant que vous regrettiez d’avoir essayé.
  • Sonic Youth fait dans la trame sonore. Il y a un film français, sorti en 2010, qui s’appelle Simon Werner a disparu. Personne de suite 7 ne l’a vu. C’est un thriller. Fabrice Gobert, le réalisateur, aimait apparemment beaucoup Sonic Youth et aurait toujours voulu voir un film dont ils auraient élaboré la trame sonore. Il leur a demandé de le faire pour son film et ils ont accepté assez simplement, ça aurait l’air. C’est correct comme bande sonore. C’est plus lent, lourd et planant, à la mode post-rock, que n’importe quelle autre parution de Sonic Youth. La chanson chez Yves déménage beaucoup plus mais fait figure d’exception à cet effet. Aucune voix. On espérait que ça nous donne hâte de voir le film. Meh
  • As… zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz… obi Seksu. S’il-vous-plaît. Prenez une petite pause là.

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