Le marathon des festivals a débuté hier avec la 13ième édition de MUTEK. C’est comme l’été avant le temps, pendant cinq jours. Destiné à une clientèle amateure de musique électronique et de créations numériques, les plus curieux et ouverts d’esprits sont également les bienvenus. Des concerts payants ont lieu à l’intérieur et on peut assister à des représentations gratuites à l'extérieur, à la Place de la Paix. À cela s’ajoutent conférences, expositions, spectacles immersifs et parcours numériques. Le tout pour présenter un mélange novateur entre l’électro et les installations visuelles qui font la réputation de ce festival.
Pour commencer du bon pied, direction Nocturne 1 à la SAT. Ces soirées festives sont les plus populaires de la programmation, réunissant un public assez nombreux. Les gens présents sont ceux qui veulent entendre le talent de l’heure. Hier soir nous avions droit à trois figures mondiales convoitées: le duo montréalais DKMD (que j’ai raté malheureusement), le duo new-yorkais Blondes et le talentueux Apparat Band de Berlin, qui faisait son retour sur scène en première canadienne.
Arrivée juste un peu après le début de la prestation de Zach Steinman et Sam Haar que composent Blondes, la foule s’est dispersée un peu partout dans l’Espace SAT, verre à la main, échangeant petites et grandes conversations. Pour vous mettre dans l’esprit de la soirée, ces deux acolytes se sont rencontrés alors qu'ils étudiaient la composition électro-acoustique dans la même école. Lors d’un voyage à Berlin, ils ont donné naissance au duo qu’on connaît maintenant. Ce projet musical a pris de l'ampleur à leur retour dans Brooklyn leur ville natale, pour nous transmettre la musique à laquelle nous avions droit hier.
L’ambiance est à la fête pour cette première Nocturne, mais devant la scène, la tendance prend du temps à arriver. Morceau après morceau, Blondes réussira tout de même à me faire passer d’un tapement de pied, à un hochement de tête, puis à des mouvements de danses. Ils nous gardaient définitivement le meilleur pour la fin. La bass était parfois trop forte (selon mes petites oreilles sensibles), mais, mélangée aux jeux de lumière et à leur complicité, leur prestation de beat making très personnelle à leur concept sonore fut bien livrée et appréciée par tous. Une bonne dose de mélodies veloutées et synthétiques.
Juste après, Apparat signait son retour à MUTEK en première canadienne. Sasha Ring était accompagné de son groupe pour interpréter son nouvel album, The Devil's Walk. Avec cet album, il délaisse ses machines pour livrer du contenu mélancolique et mélodique, où en premier plan sont affichés sa voix et ses synthétiseurs. C’est exactement ce dont il était question hier. J’étais plutôt rétissante à ses chants mélodieux lorsqu’il a débuté, mais l’engouement de la foule m’a entraîné, puis j’ai été séduite à mon tour. Il faut dire qu’il était définitivement attendu par tous, chaudement applaudi entre chaque morceau. D’ailleurs, cet artiste majeur de la scène berlinoise est considéré comme l’un des producteurs allemands les plus importants de la dernière décennie. Il avait charmé le même public en solo en 2005, puis ensuite, en 2009, avec Moderat (Modeselektor + Apparat), pour continuer son aventure avec sa nouvelle formation hier soir. Malgré que plusieurs ressentaient plus la « transe » que moi, j’ai su apprécier le talent du groupe. (Petit clin d’œil : le bassiste portait un carré rouge.)
À suivre ce soir : La Nocturne 2 à la SAT et au Métropolis.
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