Mercredi dernier, la Société des arts technologiques rouvrait ses portes pour la première fois depuis le début des travaux d’envergure pour la présentation d’Icônes, À VENDRE, la nouvelle création de la chorégraphe Manon Oligny. Cette création en coproduction avec Danse-Cité est d’abord un hommage à l’auteur Nelly Arcan et également une suite logique à leur précédente collaboration (L’écurie – 2008). La grande différence avec Icônes, À VENDRE, réside dans le fait que les danseuses ne sont plus enfermées dans leur cubicule, elles sont libres d’explorer les quatre coins de la scène. Avec des sujets comme la marchandisation et la banalisation du corps de la femme, la chorégraphe ramène à l’actualité des questionnements sur la perception de la féminité à l’intérieur de nos sociétés contemporaines.
Icônes, À VENDRE fait une analogie entre la vente aux enchères et notre société, en mettant en scène trois artistes à tour de rôle dans vingt-sept solos. On se retrouve alors devant un catalogue vivant, dans lequel les danseuses défilent les unes après les autres. D’ailleurs, on va même jusqu’à nous proposer une version papier de ce catalogue 2011. Il trace le portrait des trois interprètes et l’on y retrouve aussi le nom des solos, leur durée et leur valeur marchande. Que vous soyez un programmateur de festival ou un acheteur particulier, vous pouvez désormais vous offrir des solos selon vos préférences. En effet, le catalogue permet le choix d’une couleur pour la scénographie et de quelques options en extra, comme l’utilisation d’un prie-Dieu ou des pleurs durant un solo (!). On joue réellement avec l’extrême déconstruction pour pouvoir créer un spectacle sur mesure, une tendance de plus en plus omniprésente lors de l’achat de spectacle pour l’exportation.
Ce spectacle à connotations religieuses fait plusieurs parallèles avec les icônes du christianisme, que ce soit par le nom des solos – la crucifixion, prêtresse, Marie-Madeleine – ou bien par les symboles utilisés – le prie-Dieu, le sang – on retrouve cet esprit de soumission religieuses chez les danseuses. C’est d’ailleurs là que l’expression « Ceci est mon corps livré pour vous » prend tout son sens.
Les trois interprètes, Miriah Brennan, Karina Iraola et Anne Le Beau, sont les mêmes interprètes qui étaient coincés à l’intérieur des cubicules dans L’écurie. Cette fois-ci, sans carcans et sans barrières, on ne peut qu’admirer leur intensité dans cette scénographie sobre, mais efficace signée Yanick Macdonald. Sur une musique aux basses vibrantes, aux distorsions électriques et aux chants lyriques, les danseuses pleines d’animosité nous transportent dans cet univers centré sur la marchandisation, où tout est à vendre à qui peut se l’offrir.
Marie-Pier magnifie : l’interprétation frénétique de Miriah Brennan
Icônes, À VENDRE est présenté à la SAT du 19 au 22 & 26 au 29 janvier 2011 à 20h
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