M pour Marathon Musical

M pour Marathon Musical
  • Date:
  • Auteur: Marie-Pier Perron
  • Catégorie: Vu / Entendu

Photographies : Cindy Boyce

Doux Jésus! Samedi dernier a été un réel marathon musical pour Cindy, notre photographe préférée, et moi-même. Épuisant, mais des plus amusants! Nous avons passé notre journée au grand complet à l’événement M pour Montréal. Il s’agit d’un paradis pour les délégués internationaux. Ils ont accès à la crème de la crème de nos artistes d’ici, fin prêts à être exportés partout dans le monde. Pour le grand public, c’est également une excellente occasion de voir un condensé de ses artistes préférés dans un même lieu. Malgré de courtes performances – environ 30 minutes par artiste –, les festivaliers ont eu droit à un amalgame de sonorités et de rythmes vibrants. Retour sur cette course musicale!

 

Franco-M

J’arrive légèrement en retard à notre rendez-vous du samedi après-midi. Cindy ne me chicane pas, mais je me punis moi-même, car j’entends seulement la dernière pièce de Karim Ouellet! Ce petit garçon fort sympathique semble déjà avoir conquit des cœurs avec ses chansons pop aux influences reggae, rock et parfois même électro.

Mickey Rishwain, l’animateur survolté, se charge d’aviser la foule tassée à l’intérieur du Café Campus, du fonctionnement des Franco-M. Chaque artiste ou groupe joue une trentaine de minutes, suite à quoi, le public est invité à passer d’une salle à l’autre – on évite les soundchecks, donc l’attente !

On file dans le grand campus et l’on s’assure d’être aux premières loges pour apprécier Alaclair Ensemble. C’est la première fois que je les vois et ils sont complètement déchaînés. Des masques étranges, des chapeaux d’indien, des manteaux ALACLAIR HIGH – represent yo! –, les garçons ont beaucoup d’énergie à revendre. Du hip hop innovateur comme on l’aime!

De retour au Petit Campus. Canailles, groupe au style indescriptible, entame leur showcase avec une pièce sombre et poignante. Déstabilisant. Ça commence doucement et puis ça gagne en puissante et en énergie à chaque chanson. Impossible de se retenir de taper du pied sur ce mélange de cajun, country, bluegrass, vaudeville et rock garage. Avant de monter pour attraper Peter Peter, je fais un arrêt à la table de merch et je me procure leur EP – hiiiyaaa!.

La mélancolie de Peter Peter emplie rapidement le Café Campus. Avec sa coupe à la Dolan, le charmant garçon enchaîne ses pièces devant un public pausé et attentif.

Il est 16h10 lorsqu’on descend jusqu’à la petite salle. Sur scène, un Jimmy Hunt bien calme. Contrairement à son habitude, il opte pour son répertoire plus tranquille. Mis à part Everything Crash, il choisit davantage des ballades folk. Je le préfère plus énergique, mais dans l’optique qu’il s’agit d’un showcase, je peux comprendre ses choix de chansons.

Alexandre Désilets livre une performance intéressante. C’est la première fois que j’entends son nouveau matériel. Il chante sa version unplugged de la pièce J’échoue, sans micro, à quelques centimètres du public – wow!

On change de salle pour ne pas manquer Fanny Bloom. Encore triste de la dissolution du groupe La Patère Rose, j’ai bien hâte de voir le nouveau matériel de cette chanteuse que j’affectionne beaucoup. Assez différent de la sonorité de son ancien band, Bloom sait plaire à son public qui la remercie de nombreux applaudissements – mission accomplie Fanny!

Alfa Rococo se produit dans la grande salle quelques minutes plus tard, mais on regarde nos montres, le temps file. On décide de quitter pour aller manger une bouchée, question d’avoir des forces pour continuer le marathon musical en soirée.

 

Événement de clôture

Du côté du Métropolis, de grosses pointures de la scène musicale sont présentes. Cindy et moi sommes surprises que le spectacle n’affiche pas complet. C’est étrange que Karkwa qui remplit facilement le Métropolis n’y arrive pas, en plus d’être accompagnés d’artistes comme Ariane Moffatt et Random Recipe. Encore une fois, je crois que le concept de showcases n’est pas nécessairement adapté pour tout le monde. Lorsque qu’une personne désire aller voir son artiste chouchou, elle veut habituellement le voir jouer plus de 30 minutes. Pour ma part, je suis une fan des showcases, si jamais ce n’est pas très bon, on sait que l’on n’en a pas pour longtemps!

La charmante Marie-Pierre Arthur ouvre le bal de l’événement de clôture. Avec ses mélodies entraînantes et son charisme, elle donne le ton à la soirée. C’est The Barr Brothers qui reprennent le flambeau. Avec leur folk et blues minimalistes, le groupe sombre le Métropolis dans une ambiance automnale, comme seuls les Bon Iver et les Patrick Watson de ce monde savent le faire. Jouer de la guitare avec un fil de pêche et ajouter la harpe à ses compositions, les Barr innovent pour livrer des pièces grandioses. Ariane Moffatt effectue un grand retour sur scène, après une longue absence. Elle profite de cet événement pour tester ses nouvelles compositions – majoritairement en anglais – sur le public. La réaction semble avoir été très positive! Je trouve dommage qu’elle ne joue que ses nouvelles pièces, j’aurais aimé entendre au moins une chanson de son ancien répertoire. Random Recipe casse la baraque comme a chaque fois qu’ils entrent sur scène. Le groupe offre aussi une de leur pièce remixée qui figure sur leur EP Shake It! Bake It!. Galaxie sait maintenir le niveau d’énergie des gens dans la salle. Un rock-électro parfait pour nous remettre d’attaque! Cindy et moi avons les jambes fatiguées, nous allons donc nous réfugier dans les gradins du balcon. Karkwa en guise de dessert, difficile de demander mieux! Leurs chansons planantes sont plus qu’appropriées pour clore M pour Montréal. Finalement, une performance de 30 minutes, c’est peut-être trop court lorsqu’il s’agit de Karkwa!

 

After-party

Non, non, non, la Scène1425 ne va pas se coucher malgré l’heure tardive – lire : 12h45. Direction Club Soda pour dépenser le peu d’argent et d’énergie qu’il nous reste. On se prend quelques Moosehead, histoire de reprendre des forces. Triste d’avoir manqué Foxtrott qui jouait en même temps que Karkwa, ma peine s’estompée rapidement lorsque je vois Qualité Motel grimper sur la scène. Qualité Motel, c’est le pseudonyme des garçons de Misteur Valaire. Ils nous remixent à leur sauce des classiques 90’s : de Mmm-Bop des Hanson à Blue (Da Ba Dee) de Eiffel 65. Dans un décor hivernal, ce gros party d’après-ski est enlevant! Des skis vintages, de la fausse neige et surtout un panda géant qui fait du bodysurfing, tout est parfait!

3 h du matin. Cindy baille. Mes yeux ferment. C’est l’heure de regagner notre lit. On a survécu au marathon musical de M pour Montréal. M pour Merci à l’organisation de nous avoir fait vivre un trip semblable à celui du Festival de Musique Émergente en Abitibi-Témiscamingue. Merci également de faire ce type d’événements, afin d’offrir une vitrine internationale à une panoplie d’artistes d’ici au talent indiscutable, qui méritent tous de devenir aussi grandiose que la belle Céline!

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