Jésus avant Charlotte

Jésus avant Charlotte
  • Date:
  • Auteur: Alexandre Soublière
  • Catégorie: Noix de Carcajou

C’est mon premier post de l’année 2012 et je me sens obligé de mentionner la sortie de mon roman (NDLR: Charlotte before Christ), parce que c’est l’événement qui a occupé la majorité de mon attention depuis janvier (ça et mon influenza/pneumonie que ma blonde et l’infirmière de l’urgence au début appelaient un « p’tit rhume d’homme »).

J’en parle ici pour m’exprimer un peu sans le filtre des médias, mais surtout pour élaborer sur la musique que j’ai choisi d’introduire dans le récit. Vous pourriez considérer le texte suivant comme un supllément de notes de bas de page. Les liens que j’ai ajoutés sont complémentaires (entrevues, live, autres chansons du même band).

 

Definitely Maybe, Oasis. Page 11 : Je l’ai mentionné dans une chronique précédente, mais Oasis (et surtout l’album Definitely Maybe) représente pour moi l’ultime démonstration de l’ego. Que ce soit en me rendant à une entrevue de job importante ou en fin de soirée en sing along dans un party, la voix des Gallagher a sa place. Le roman commence avec une soirée par effraction dans la luxueuse maison d’un inconnu absent. Évidemment que les personnages écoutent le premier disque d’Oasis jusqu’à en faire péter les speakers. C’est une affirmation d’invincibilité. Même si ce n’est pas tellement de mon temps, même si j’avais 9 ans quand Definitely Maybe est sorti, je peux facilement dire que j’ai survécu au secondaire grâce à Oasis. 

[ Oasis - Behind The Music (Documentary 2000) ]

Lua, Bright Eyes. Page 20 : Cette chanson est plus près de l’âge et de la génération des personnages. Une partie de l’histoire se déroule dans les débuts (ish) de Myspace. Sacha dit de Charlotte qu’elle a du eyeliner noir et que ça lui fait penser à Bright Eyes. Si j’avais eu le talent de Conor, je me serais contenté d’écrire Lua mais, moi, ça me prenait plusse de mots. J’ai rédigé un roman au complet pour essayer de dire à peu près la même chose (ish).

Bright Eyes - Lua ]

Venus in Furs, Velvet Underground. Page 25 : Est-ce qu’il faut que je l’explique?

Maybe Not, Cat Power. Page 47 : On entend moins parler d’elle ces temps-ci, mais SORRY, je trippe encore sur Chan Marshall. C’est une grande inspiration pour le personnage de Charlotte, dans l’attitude et dans le physique. D’abord, sa voix est merveilleuse, mais elle porte aussi quelque chose de tragique. Je l’avais vu en show au Festival de Jazz en 2006 (ou 2007?) au défunt Spectrum. J’étais arrivé en retard, comme d’habitude, mais c’était un beau moment. Elle pouvait arrêter de chanter au milieu d’une chanson pour nous raconter un moment de rehab ou une anecdote quelconque. Parfois, elle continuait la chanson là où elle avait pris sa pause, ou en commençait simplement une nouvelle. J’ai hâte au prochain party où mon ami Bruno va s’asseoir au piano pour qu’on puisse en chanter quelques-unes comme des vieux hippies dégueus.

Cat Power - Crying, Waiting, Hoping ]

April Skies, Jesus and Mary Chain. Page 62 : J’ai saupoudré le roman de références à JAMC parce que, oui, c’est mon band rock préféré. Chacune de leur chanson représente bien l’esprit du livre. Sometimes Always, Just Like Honey et April Skies sont toutes des tracks qui traitent de relations love / hate. Quand j’ai découvert le groupe, au début des années 2000, je trouvais remarquable à quel point c’était encore actuel. Je juge que ça l’est encore aujourd’hui. Leur musique, attitude et image forment un tout. J’adore ça. J’assume que vous avez tous vu Upside Down, le documentaire sur Creation Records? Hand in hand in a violent life / Making love on the edge of a knife / And the world comes tumbling down

The Jesus and Mary Chain - Interview + Live London 1985 ]

Drugs Don’t Work, The Verve. Page 65 : En lisant sur la chanson, j’ai cru comprendre qu’il y avait plusieurs sens au mot « drug ». Ascroft disait que la drogue (de rue) le rendait malheureux et triste et que la drogue (médicament) prolongeait peut-être la vie de son père, mais prolongeait aussi sa souffrance. Or, Sacha prend aussi beaucoup de pilules pour sa maladie et ne sait pas si ça le rend vraiment mieux. Quand on écoute les paroles de la chanson, on se rend compte qu’il s’agit d’une pièce d’amour tragique. Presque Roméo & Juliette.

The Verve - The Drugs Don't Work ]

Bat for Lashes. Page 105 : Dans ce chapitre, les personnages vont au show clandestin d’une amie de Charlotte. Elle s’appelle Julia. Je l’imagine assez foncée avec un charisme à la Alison Mosshart. Elle est seule sur scène avec son guitariste, mais sa musique ne ressemble pas vraiment à The Kills. Je pensais davantage à une sorte de Beach House ou Goldfrapp. Lorsque Sacha s’approche de la scène pour regarder Julia chanter, il est entouré de gens légèrement gothiques, et j’avais What’s a Girl to Do de Bat for Lashes en tête.

Bat For Lashes - Whats A Girl To Do? (Live Shepherds Bush Empire 2009) ]

Coffee & TV, Blur. Page 127 : Le personnage de Paul dit à Sacha que cette chanson le rend nostalgique au point de vouloir être violent. J’ai choisi une pièce de Blur pour aussi représenter ma nostalgie du Brit Pop. N’oublions pas qu’elle a été utilisée pour la trame sonore de Cruel Intentions (donc Les Liaisons Dangereuses).

Blur - Coffee And TV ]

My Way, Page 163 : Lorsque, par erreur ou par joke-kitsch-moyen-drôle, je me retrouve dans un karaoke, j’ai souvent la pulsion de demander My Way version Sinatra. C’est l’ultime chanson d’homme wannabe mafieux. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on pense au film Goodfellas qui se termine avec la version interprétée par Sid Vicious. Évidemment, Sid & Nancy sont une inspiration pour le roman.

[ Sid Vicious - My Way ]

This Mess We’re In, PJ Harvey & Thom Yorke. Page 171 : En temps normal, je n’aime pas vraiment Thom Yorke, mais c’est une chanson, et surtout un album, que j’ai beaucoup écoutés. Dans le roman, les personnages parlent souvent de leur rêve d’avoir un loft dans Chelsea ou SoHo. Stories from the City, Stories from the Sea évoque beaucoup New York. PJ Harvey était littéralement en amour avec la ville à cette époque. Le livre ne se gêne pas pour utiliser le langage texto et imite les interfaces des logiciels de clavardage. En plus de son titre très proche de l’histoire, This Mess We’re In, la chanson contient des lignes comme : Night and day / I dream of / Making love / To you now baby / Love-making / On screen

What Sarah Said, Death Cab For Cutie. Page 175 : Si on considère la fin, cette chanson est probablement l’une des plus importantes du roman. Une partie de l’histoire se déroule à l’époque Death Cab. Je pense que c’est une musique qui vieillit assez bien. What Sarah Said parle de maladie, la phobie ultime de Sacha.
Beaucoup de gens essaient, ou ont déjà essayé, de vivre leur vie amoureuse comme si c’était une track de Death Cab. C’est intéressant parce que ça revient un peu à la question de la poule ou de l’œuf. Qu’est-ce qui est arrivé avant l’autre, la tragédie romantique ou la description artistique de la tragédie romantique?

Chicago, Sufjan Stevens. Page 207 : Encore là, je ne suis pas un gros fan de Sufjan, mais je trouvais que la pièce (la version acoustique parce que l’originale me gosse un peu) allait super bien avec la scène. En plus, les paroles parlent une fois de plus de road trip vers New York. La mention apparaît vers la fin du roman lors du flashback de la rencontre entre Charlotte et Sasha. J’aime le fait que I fell in love again et I’ve made a lot of mistakes soient presque superposées.

Sufjan Stevens - Chicago ]

Combat Baby, Metric. Page 207 : Sacha aime la guerre. No one here wants to fight me like you do. Je ne veux pas trop m’étendre sur Metric aujourd’hui, parce que je compte bien y revenir, mais je ne suis pas capable d’en écouter. Emily Haines me fout la chienne. On dirait qu’elle chante directement POUR moi. Je ne peux pas dealer avec ça. En plusse, je pense que JE TRIPPE DESSUS secrètement (mon ami Pier Yves aussi). Je m’imagine sortir avec elle, mais jamais avoir de relations sexuelles, juste, genre, organiser des partys avec des amis cools (pis des chats). J’ai aussi découvert la version acousse de Twilight Galaxy dernièrement, c’est super.

Metric, "Twilight Galaxy" ]

I Want You, Elvis Costello. Page 211 : Une de mes chansons préférées à vie. À la fois si vraie et triste. Je ne connais malheureusement pas assez Elvis Costello et, pourtant, je sens que je devrais. Je l’avais découverte en écoutant le film de Michael Winterbottom du même titre, avec la merveilleuse Rachel Weisz. Un film super bien fait et très chaud. C’est une chanson qui vaut vraiment la peine d'être écoutée en lisant les paroles un mot à la fois. Si vous avez déjà été en amour, c’est obligé de vous parler.

Elvis Costello - I want you ]

Autres inspirations, mais qui ne figurent pas dans les pages du livre : Philadelphia de Neil Young, Nirvana, Life Without Buildings, The Antlers, Famous Blue Raincoat de Leonard Cohen, 3 Rounds and a Sound de Blind Pilot, Massive Attack, Radicals de Tyler The Creator, Le Bonheur de Dumas, SuperGirl de Stereo Total, Libertines, Je suis venu te dire que je m’en vais de Gainsbourg, You Were the Last High des Dandy Warhols, St-Petersburg de Supergrass etc. etc. etc.

Pour ceux qui voulaient du name-dropping, ça m’a fait plaisir!   

 

Alexandre sur Twitter : @AliSoubliere

 

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