En mars dernier, Orelsan a reçu le Victoire du meilleur album de musiques urbaines de l'année pour Le chant des sirènes, ainsi que la Victoire de la révélation du public de l'année. On s’est rencontré hier après-midi pour jaser de son passage à Montréal dans le cadre des Francofolies. Il montera sur la scène du Club Soda samedi soir, accompagné de Koriass. Un programme double qui s’annonce chaud.
Félicitations pour tes prix et ton disque platine!
Ouais merci! J’étais vachement content. C’est quelque chose qui était un peu inattendu. Le marché de la musique a beaucoup baissé. Par rapport à il y a dix ans, [le nombre d’albums vendus] n’est rien du tout. Mais il y a toujours des gens qui achètent des albums et c’est vraiment cool de réussir à se débrouiller. Il y a beaucoup de gens qui achètent l’album pour l’objet, qui n’ont pas de lecteur CD.
Dans ta chanson Différent, tu parles d’avoir 25 ans et d’être célibataire. C’était lors de ton premier album et beaucoup de choses semblent avoir changé.
En fait avec un premier album, tu parles de trucs qui ne sont plus d’actualité lorsque l’album sort. Mon premier album parle de ma vie entre 15 et 25 ans, du coup, beaucoup de choses ont changé… Donc, je n’ai plus 25 ans et je ne suis plus célibataire! Au final, le dernier est beaucoup plus près de ma vie actuelle. Ce qui est dur quand tu fais un deuxième album, c’est d’être différent en restant dans une continuité. Au début, j’étais tenté de tout changer, de passer carrément à autre chose, mais ça n’allait pas. De tous les morceaux que j’ai faits au départ, il n’y a rien que j’ai gardé. En fait, c’était des trucs ultra-pop, avec beaucoup de refrains et de chant. Au final il reste des bribes de ça dans l’album, mais j’ai fait quelque chose de beaucoup plus rap.
Je bosse beaucoup avec Skread comme producteur et réalisateur. On s’appelle souvent, je mets beaucoup de choses de côté, j’ai toujours mon téléphone [pour prendre des notes], je pense à des thèmes. J’essaye d’écrire un peu tous les jours. Quand je rentre en studio, ce n’est que du peaufinage. Je réfléchis à la musique, je fais beaucoup d’aller-retour entre le studio et chez moi.
Sur la pochette de l’album et dans le clip de Raelsan, tu portes un masque. Aurais-tu un alter-égo?
La première chanson du spectacle, c’est Raelsan. Donc je garde le masque que pendant une chanson, une chanson et demie. Je ne suis pas comme ça tout le temps. En fait c’est devenu un alter-égo malgré moi. Dès la sortie de mon premier album, il y a beaucoup de jeunes qui se reconnaissaient dans mes paroles et des gens disaient « il influence la jeunesse dans le mauvais chemin ». De là est venu le jeu de mot avec Orelsan et Raël, en référence au gourou. Alors quand on a fait le clip, c’est là qu’on a décidé de créer le personnage. Mais bon, ça reste moi, Orelsan, je ne justifie pas mes paroles par un personnage, tu vois. C’est de l’ironie. Dans les entrevues, je ne justifierai jamais des paroles de chansons en disant « ah non, c’est RaelSan qui a dit ça! » (rires) Je ne suis pas trop dans ces délires de schizophrénie!
Que conseilles-tu aux québécois qui ne connaissent rien du rap français?
C’est peut être naze, mais taper «Rap Français» dans Wikipédia! (rires) Non, ok… Peut être regarder ce qu’ont fait IAM, NTM, MC Solaar. Ce sont vraiment mes influences, ceux qui m’ont fait aimer le rap. Il y a aussi Time Bomb, X-Men… En ce moment, y’a plein de bons rappeurs en France, comme les Psy 4 de la rime, la Fouine, Booba. En France, le rap c’est très gros…
Je ne connais pas du tout le rap québécois. Je joue avec Koriass et on m’a dit que c’était vachement bien! On m’a montré Manu Militari. J’ai regardé quelques Word-Up battles. En France, on a Rap Contenders qui est inspiré des Word-up battles. (À ce moment-là, je lui conseille d’écouter Alaclair Ensemble et Maybe Watson.) Ah ben cool! Je vais aller voir! Parce que je connais Yvon Krevé, mais bon… (rires)
Pour le spectacle, je suis curieux de ce qui m’attend! Je suis pressé de voir.
Avant le spectacle de demain, allez vite télécharger l'album Le chant des sirènes.
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