Aujourd’hui, je salue non seulement la naissance d’une nouvelle aventure culturelle, mais également d’une nouvelle époque. C’est que, en entrant en 2011, nous laissons derrière la première décennie du nouveau millénaire et, avec elle, les dernières grandes manifestations de la postmodernité. Aujourd’hui, nous célébrons non seulement une nouvelle plateforme de diffusion culturelle, mais également l’entrée dans l’hypermodernité!
Si ces concepts ne sonnent aucune cloche à vos oreilles, sachez seulement qu’ils sont les termes désignés pour qualifier les époques que nous traversons. Et si la postmodernité sévissait déjà quand vos parents avaient grosso modo l’âge que vous avez, c’est notre génération qui l’a alimenté pendant les dix dernières années, l’amenant graduellement vers autre chose. Or, si cela peut sembler complètement hors contexte, il faut savoir que, culturellement, ça signifie beaucoup. Ainsi, au moment de lui dire au revoir, il est certainement d’office, pour mieux regarder devant, de dresser un bref bilan de ce que la culture postmoderne nous aura laissé.
Que gardez-vous des années 2000? Montréal, le Québec, a certainement amené de grandes manifestations artistiques! Arcade Fire, Denis Villeneuve, Guillaume Vigneault, des livres, des films et des albums qui ont défini, dans toute sa complexité, notre société. Karkwa, Xavier Dolan (oui, Dolan), Nelly Arcand. Toutefois derrière les grands coups, il y a bien sûr eu des échappés. Star Académie, Ian Halperin et tout ce qui a découlé de Roméo et Juliette. Qu’importe, malgré Patrick Huard, Duke Squad ou Patrick Sénécal, je crois qu’on pourra quand même, en fin de compte, se sentir fier de notre émancipation culturelle des dernières années et que, sommes toute, Montréal est une grande dame.
C’est pour la suite que ça se complique. À une époque où l’éclectisme brouille tous les genres, que la technologie, le numérique, le 2.0, les nouveaux médias, le piratage, le mashup, la 3D et l’autotune redéfinissent constamment l’offre culturelle, comment ne pas craindre le pire. Doit-on présager, comme la religion, la politique, l’environnement, la francophonie et j’en passe, la chute des beaux-arts? Peut-être. Du moins, même si la création telle que nous la connaissons est certainement appelée à profondément muter, la seule certitude que nous pouvons émettre, c’est que tant qu’il y aura de l’air, il aura des créateurs.
Ensemble, dans cette chronique, nous tenterons de cibler, comprendre et réfléchir à ces changements en le devenir. Apprivoiser cette hypermodernité hostile qui se jette sur nous. L’apprécier aussi. Parce qu’on ne peut que l’appréhender et que, forcément, les dix prochaines années connaitront leur lot de grandes manifestations culturelles. Écoutons, regardons et lisons ensemble ce que les créateurs d’ici nous proposeront et espérons que notre époque délirante ne nous fera pas dériver.
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