Lower Dens, No Joy et Alan Resnick @ Il Motore – 18 juillet 2012
Spectacle en trois actes
Acte 1 : Alan Resnick
Creepoïde farfadet humoriste, il nous raconte en guise de préambule comment un cauchemar de mort violente par défiguration l’a poussé à se concevoir un avatar pour éviter, le cas échéant, du chagrin à ses parents. S’ensuit une folle présentation power-point sur la marche à suivre pour devenir dieu immortel. Bien introduit, l’exposé pogne un flat au dernier virage. À peaufiner, quoique sympathique en version brut.
Acte 2 : No Joy
Garage malpropre et relent de gaz sur support numérique, tache d’huile et show de boucane en direct. L’unique spot jaune à faire éclore une couvée d’œufs (un petit effort, Il Motore!) ne les montre pas sous leur meilleur jour. Si le groupe était un gratteux, faudrait s’attendre à émousser de la cenne noire avant de trouver la toune chanceuse. Bien souvent, c’est essayer de nouveau ou meilleure chance la prochaine fois. Pas complètement ensorcelé. À 150 décibels, mes tympans sont cinglants.
Acte 3: Lower Dens
À 23h30 jour de mi-semaine, c’est pas trop tôt. Ses membres pétillent des ténèbres de la forêt enchantée qui les habite. Jana Hunter, fée androgyne de par sa blouse unisexe pastel flottante et sa voix grave et gravissime, apparaît aussi hermétique qu’un contenant FermafraîcheurZiploc®. La meilleure blague du comique Resnick aurait sans doute du mal à la dérider. Peu importe, on est venu pour la musique, pas pour les sparages.

Aux premières notes de la guitare vrillante de la belle à la gueule de bois dormante, la table est mise. Fini le bruit et place aux lames de fond. Les darkwavers, aux antécédents freak folk, font gonfler leurs déferlantes badigeonnées d’une écume autrefois petite sirène (ok, suffit le conte). Flux et reflux. Tension et relâchement. Inspiration et expiration. Lower Dens sait comment ériger du morceau. Des pièces comme Brains et Lion in Winter Pt.2, menées par leur délicate batterie tactile et leurs sauts d’octave, sont hypnotisantes. Propagation, prototype de rêverie baltimorienne enrichi d’échos, de croisements vocaux et de guitares lentes, nous transporte aussi sec au pays des merveilles (zut!). Et ainsi vogue un spectacle aux degrés d’onirisme variables. Tout droit vers un foisonnant dodo.

Rideau : j’ai oublié de souper et mon ventre crie famine. Ce que je retiens aussi de l’expérience, c’est que Raphaelle Standell-Preston, cigale de Braids que j’admire tant, ayant dansé devant moi toute la soirée, a des épaules parfaites et une peau de poupée. Allez savoir la morale de cette histoire…
Photographies: Maxime St-Amand



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