De la musique pour la suite du monde

De la musique pour la suite du monde
  • Date:
  • Auteur: Audrey Canuel
  • Catégorie: Archives 2011

Une rencontre inspirante avec Alden Penner.

C'était un vendredi d'octobre. Un de ces derniers après-midi de soleil, de soleil froid.

Sur Notre-Dame, les gens qui entrent chez Lili et Oli semblent soulagés de la chaleur qu'il y fait. Déjà. Déjà, on entre dans les cafés parce que sur les trottoirs, le vent nous y pousse.

Devant moi, une tasse de thé intouchable. Il y a plusieurs raisons pour laquelle j'ai l'estomac qui se tord et le crayon se tend. Mon propre retour sur la Scène1425 (felixée) mais surtout celui d'un grand joueur de la belle et toujours plus active scène Montréalaise, Alden Penner.

Alden, son nom est souvent suivi de Ex-Unicorns, Ex-Clues. Si ses anciennes collaborations sont assez impressionnantes, ce n'est pas pour parler passé que l'on se rencontre aujourd'hui. Son nouveau projet, The Hidden Words lance son album, Free Thyself from the Fetters of this World, au courant des prochaines semaines.

La formation qui existe depuis le printemps 2010, se concrétise alors avec la sortie de ce premier opus. Musicalement, si l'on est loin des groupes précédents d'Alden, la création du projet en soi résulte de la même volonté d'apporter quelque chose de nouveau à Montréal. Si The Unicorns avait projeté la scène indie au rang des scènes actives de ce monde, The Hidden Words se veut plus une invitation à une réflexion spirituelle, à quelque chose qui dépasse la seule expérience musicale.

Ainsi, Alden délaisse sa poésie bilingue afin de mettre en musique des textes fondateurs de la foi Baha'i. Mais on est loin de l'idée que l'on peut se faire de musique tendancieusement religieuse. D'ailleurs, Alden insiste sur la distinction entre le spirituel et le religieux, conscient que ce dernier peut faire peur. Les arrangements musicaux, tant qu'à eux, passent d'un folk-enjoué au presque-pop, dans un style qui rappelle les collaborations d'Alden à plusieurs musiques de films.

En endossant ainsi un message si manifeste, Alden appuie l'idée de la responsabilité de l'artiste face à une société qu'il juge en manque de spiritualité. Lors de notre entretien, il fait d'ailleurs référence au film Pour la suite du monde de Michel Brault et Pierre Perrault (ONF, 1962) pour expliquer comment il est important de prendre le temps de laisser un héritage aux générations futures. En ce sens, si The Hidden Words se veut les porte-paroles d'une unicité spirituelle et d'une implication sociale, ils ne font pas que le chanter. Les membres du groupe sont actifs dans leurs communautés respectives depuis quelques années déjà. Parce que oui l'artiste peut porter un message, à condition de pouvoir le construire.

Et pour prendre sur ses épaules une telle responsabilité, on se doit d'avoir de grands pouvoirs, et une volonté de fer. Les membres du groupe n'ont rien à craindre à ce sujet. Les bases sont solides, la mission, noble, la musique, transcendante.

Il va s'en dire que The Hidden Words a plus que la musique à offrir. Mais peu importe à quel niveau vous porterez l'écoute de Free Thyself from the Fetters of this World, même si vous n'en preniez que les mélodies, il est impossible de ne pas en ressortir changé.

Pour approfondir la réflexion sociale:

onf.ca/film/pour_la_suite_du_monde

Pour approfondir la réflexion musicale:

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