Cœur de pirate, MAK et Fire/Works

Cœur de pirate, MAK et Fire/Works

Avoir le cœur fragilisé par des souvenirs amoureux. Un parfum ancré dans la mémoire, des cheveux laissés sur l’oreiller. Une aventure d’un soir, un amour à sens unique, une relation à distance. Passer des moments difficiles à la suite d’une rupture. Se questionner sans arrêt. Se demander qui a eu tort dans cette histoire, c’est aussi ça être la Blonde d’un homme. Mettre en mots ce qu’on ressent est souvent une tâche délicate lorsqu’on a l’impression que l’organe qui a su battre au rythme de nos émotions, se retrouve brisé en mille morceaux.

Cœur de pirate a trouvé les mots pour le dire, sans filtre. 22 ans, 600 000 exemplaires vendus pour son premier album. Béatrice Martin est une surdouée. Délaissant son piano pour créer des sons plus riches et diversifiés, nous avons droit à une suite de morceaux aux allures des années 60. Un rétro pop réussi qui communique une maturité vibrante et ressentie. Malheureusement, le piano est presque inexistant dans ce petit deuxième. On ressent beaucoup l’influence musicale d’Armistice et de Bedouin Soundclash, son ancienne histoire d’amour avec le beau Jay Malinowski. Selon Béatrice, laisser son piano un peu derrière est en quelque sorte une libération, une affirmation de ce qu’elle est musicalement. Selon moi, c’est la seule déception pour Blonde. En tant que fille à l’âme fragile, je me suis reconnue immédiatement à travers ces propos. De la naissance d’une flamme aux douleurs postrelations. La gent féminine saura s’y retrouver et s’y associer. L’ouverture de l’album se fait par le chœur des Petits chanteurs de Laval avec la chanson Lève les voiles, accrocheur à souhait. Plus la relation dessinée sur l’album évolue, plus nous ressentons la déchirure d’une rupture. Mon coup de cœur : Place de la République. Ces fragments de vie en valent grandement l’écoute. On y découvre une jeune femme qui a surmonté de nouveaux obstacles, une belle évolution qui fera craquer une fois de plus, de nombreux francophiles.

C’est samedi soir dernier au Il Motore que MAK, formation montréalaise, (anciennement MAC) lançait son premier album éponyme. Réalisé indépendamment, le groupe a produit 9 pièces aux musicalités bien définies. Disponible en téléchargement gratuit sur leur Bandcamp. C’est en 2007 que le groupe a vu le jour et c’est en 2009 que la formation actuelle devient officielle avec son EP Mice. Mak est composé de Gabriel Drolet (basse), Simon Labbé (guitare), Samuel Béland (clavier, percussions électros), Maxime Reed Vermette (batterie) et de Jesse Mac Cormack, l’instigateur du projet (voix, guitare et clavier). Sur leur page Facebook, MAK se traduit «par des ambiances hybrides et une musicalité raffinée. Chaque membre du groupe amène une sonorité différente ce qui rend le projet très original. Les styles jazz, rock, électro et pop s’imbriquent pour créer un univers mélodique très particulier et très intense.» Cette définition est très juste, car en écoutant ces morceaux, nous sommes enveloppés par la voix ensorcelante du chef de file du groupe et de tous les instruments qui créent un tout soigné. Album fortement conseillé pour les soirées calmes, à partager en solo ou en duo. En leur souhaitant une heureuse continuité.

Samedi soir, une très belle surprise attendait Fire/Works au Festival musical indépendant Diapason qui avait lieu à la Maison des arts de Laval, ne remportant pas un, mais bien les trois prix de la soirée. Ce duo formé par Jonathan Peters et David Lagacé est un projet mélangeant la musique folk, pop et alternative en créant un tout imagé, facilement imaginable dans nos têtes. D’une simplicité telle «une pièce chauffée au bois». Tout est dans le détail épuré, comme l’illustre bien leur artwork, œuvre de Peters. Pour le plaisir de vos oreilles et de vos yeux, voici To The Sea. Félicitations au groupe, ça promet!

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