Quand j’avais 16-17 ans, en l’an 2000, j’aimais quand même pas mal le punk et le ska. Un peu comme tout le monde, je trouvais ça bien trippant des groupes comme les Mad Caddies, Mustard Plug, Voodoo Glow Skulls, Against All Authority. J’aimais aussi Choking Victim / Leftover Crack, Death by Stereo, pour en faire un petit échantillon. D’ici, les héros du ska locaux Naked’n’Happy et Rollerstarter qui, les deux, commençaient à ne plus vraiment exister. J’avais les cheveux bleachés, une maudite longue pine dans le labret et je portais une casquette d’opérateur de locomotive / facteur européen qui faisait l’envie de tous.
J’étais drôle à voir, c’était d’époque, il faut se dire.
Merci à Dare to Care Records de me rappeller que tout ça était il y a maintenant dix ans.
Quand j’y repense, DTC a occupé une place assez marquante dans ma jeunesse.
Grâce à DTC001, Naked’n Happy live à l’X, j’ai connu les Sainte Catherines. Qui pensait dans ce temps là que plusieurs années plus tard, ces espèces de jeunes fainéants allaient signer sur Fat Wreck Chords. Quel bon disque, encore maintenant, que The Art of Arrogance.
Impossible de pas associer MAP à son saxophoniste en bédaine. La toune Occidentation d’Issue 16 (Repent ou l’Assomp? Salut les gars des Hands et de DOAFS). Le “QUEL COMMENTAIRE IMPERTINENT” qu’on entend à chaque 25 secondes. Sans vouloir trop exagérer, je dirais qu’à 16-17 ans, c’est cet album là qui m’a fait réaliser qu’on pouvait trouver de très belles choses dans notre coin.
DTC003, The Couch Addiction a su faire persister ma flamme ska un petit peu plus longtemps alors que je devenais un jeune adulte de plus en plus sombre. Nous étions allés à Ottawa dans la vieille Ford Escort grise de Max de St-Sauveur les voir jouer avec, il me semble, Avenger. Avenger était un groupe du 613 dont on appréciait le côté bon enfant vedge. Et si je ne me trompe pas, tout ça c’était en première partie d’un spectacle de Mustard Plug. Ah, le ska -soupirs-.
Sur DTC003 il y avait aussi des chansons de Yesterday’s Ring. Les filles étaient toujours contentes d’en entendre et le beat faisait changement de ce qu’on était habitué de faire jouer. Bravo au beau rayonnement qu’a connu Yesterday’s Ring dans les années qui ont suivi.
Je me rendais compte que ce petit label d’ici, qui donnait pour chaque album vendu un montant à la charité, était le fun à suivre. J’ai donc commencé à m’y intéresser davantage.
Est-ce que quelqu’un, ici, n'était pas en amour avec “la fille de Fifth Hour Hero”? La première fois que je l’ai vue c’était dans un certain spectacle hivernal que Dare to Care organisait au Balafré (qui était où l’actuelle Distillerie est située sur Ontario).
Je trouve ça drôle quand je repense à cette soirée là, je crois qu'on est rendu en 2001 ou 2002.
J’avais vu en quelque part, sûrement sur Internet ou sur un flyer au Soundcentral (dans le temps où c’était en haut de l’X), qu’il y avait un spectacle de Fifth Hour Hero, Suck la Marde et autres curiosités en lien avec DTC, au Balafré. J’avais porté assez peu d’attention au reste de l’affichage qui disait “party de Noël Dare to Care”.
Il neigeait pas mal et quand je suis rentré dans un Balafré bien rempli avec mes lunettes embuées, je voyais rien. J’étais l’ami de personne là-bas et j’étais seul. Une minute passe et Hugo Mudie vient me dire “T’es qui toé j’t’ai jamais vu. (note: pas de point d’interrogation)
- Euh ben je viens pour le show
- Ok ben j’sais pas trop, c’est huit piasses
Je lui ai donné dix, il a dit “ça te dérange tu si j’te redonne pas ton change?”
C’était correct ça me dérangeait pas.
Tout ça pour dire, finalement, que mon premier bain de scène locale, je crois le devoir à Dare to Care Records. Julien Aidelbaum avait 11-12 ans dans ce temps là.
Franchement, bravo d’avoir réussi à faire de cette barquette DIY chancelante là un bien beau petit bateau qui, au profit d’une légère bifurcation de marché cible bien calculée, offre maintenant des titres qui attirent l’attention de tout le monde.
Joyeux anniversaire.
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