Comment rencontrer le Dalaï Lama

Comment rencontrer le Dalaï Lama
  1. Rencontrez à un très jeune âge (entre 3 et 5 ans) votre meilleur ami, découvrez main dans la main et oreille contre oreille l’ingéniosité des Gilmour, Page, Clapton et Knopfler, puis faites mûrir en pensée le meilleur solo de l’histoire de la Stratocaster sans même avoir touché la première corde de votre première guitare.
  2. Apprenez à jouer de la guitare.
  3. Voyagez avec cet ami. Prenez des risques inutiles, gravissez des montagnes enneigées en espadrilles, partagez un sac de couchage de toute urgence et défiez la mort en vous tapant sur les cuisses.
  4. Dissociez-vous momentanément. Devenez directeur photo et ensuite réalisateur ou exilez-vous pendant trois ans dans le Mid West américain pour réfléchir à votre destinée.
  5. À nouveau réunis, fondez un groupe. Rencontrez successivement François Cyr (harmonica, guitare slide), Simon Dolan (basse) et Alain Mercure (batterie et bidules). Enregistrez méticuleusement un premier album délicieux.
  6. Repartez en voyage, en Inde cette fois. Faites la rencontre d’exilés tibétains dans la ville de Dharamsala et archivez numériquement, caméra sur l’épaule, une culture et un peuple opprimé, mais toujours porteur d’un grand message d’espoir.
  7. Au retour, mettez tout votre talent et votre énergie au service de la cause. Dédiez au peuple tibétain votre premier clip, I Won’t Fall Down, et engagez-vous auprès du Comité Canada Tibet. Travaillez en étroite collaboration avec son directeur Dermod Travis.
  8. Organisez avec ce dernier trois concerts-bénéfices — Rock For Tibet — à Montréal, Victoria et Vancouver pour amasser des fonds qui serviront à financer un programme de relocalisation et d’immigration de Tibétains au Canada.
  9. Acceptez quelques semaines plus tard l’invitation des organisateurs de la 6e Convention mondiale des parlementaires pour le Tibet qui proposent de présenter votre clip à l’ouverture de la soirée du 28 avril durant laquelle le Dalaï-lama s’adressera à un public attentif au Civic Center d’Ottawa.
  10. Finalement, glanez dans les couloirs de l’amphithéâtre. Retrouvez-vous sans le vouloir dans la photo officielle des bénévoles. Quand le grand chef spirituel vous tendra la main, saisissez-la et laissez-vous tranquillement remplir de sa sagesse et de sa sérénité.

C’est là la belle expérience d’Eric Bolduc et Xavier Auclair, cofondateurs et membres principaux du groupe montréalais Sunrise and Good People. Par contre, n’allez pas croire que la chute de l’histoire est le couronnement visé d’une stratégie opportuniste. Il n’est pas question ici de ruse publicitaire. Simplement l’aboutissement mérité de musiciens locaux qui ont embrassé, à l’instar de feu Adam Yauch, la cause d’une antique culture en péril. On se rassure déjà à l’idée que certains groupes caressent toujours par le biais de leur musique l’idéal d’un monde plus juste.

Pour ceux et celles qui voudraient partager l’expérience et faire le plein de ces sentiments de liberté et d’espoir, Sunrise and Good People se produit mensuellement dans le cadre de soirées improvisées intitulées Good Times at Sunset dans les locaux de la Nomad Nation. Pour plus d’information, consultez leur page Facebook.

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